Publié le 29 décembre 2025 par PlanPaix.fr – Analyses indépendantes pour une paix durable
Ce 29 décembre 2025, le ministère français des Armées a officiellement confirmé la fin de l’opération Barkhane version 2.0 : le retrait complet des dernières forces spéciales françaises encore présentes au Sahel (Burkina Faso, Niger et Mali) sera effectif au plus tard en juin 2026. Cette décision, attendue depuis plusieurs mois, marque la fin définitive de treize années d’engagement militaire direct français dans la région.
En parallèle, les juntes au pouvoir à Ouagadougou, Niamey et Bamako ont salué cette annonce comme une « victoire de la souveraineté » et accélèrent leur rapprochement avec de nouveaux partenaires sécuritaires (Russie via Africa Corps, Turquie, Chine).
Les détails du calendrier de retrait français
- Niger : Les 150 derniers conseillers et opérateurs des forces spéciales basés à Niamey et dans le Liptako-Gourma quitteront le pays d’ici mars 2026. La base aérienne 101, déjà restituée partiellement, sera totalement transférée aux forces nigériennes.
- Burkina Faso : Les unités de liaison et de formation encore présentes à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso partiront avant fin mai 2026.
- Mali : Les derniers éléments français (essentiellement renseignement et logistique) évacueront Gao et la zone des trois frontières d’ici juin 2026.
- Tchad : Paris conserve une présence réduite à N’Djaména (environ 300 hommes) pour des missions de soutien régional et d’évacuation, mais sans engagement opérationnel direct au Sahel.
Le dispositif Takuba (forces spéciales européennes) avait déjà été dissous en 2024 ; les derniers partenaires européens (Suède, Estonie, Tchéquie) s’étaient retirés en 2025.
Contexte et bilan sécuritaire
Depuis 2013 :
- Plus de 60 militaires français tués.
- Des milliers de djihadistes neutralisés, mais les groupes affiliés à AQMI et État islamique au Grand Sahara restent actifs et ont même étendu leur emprise.
- Des millions de déplacés internes et une dégradation continue de la sécurité dans les trois pays centraux du Sahel.
- Une succession de coups d’État (Mali 2020-2021, Burkina 2022, Niger 2023) ayant conduit à la rupture des accords de défense avec la France.
Les nouvelles autorités sahéliennes, regroupées au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), privilégient désormais une coopération militaire avec la Russie (Africa Corps, ex-Wagner) et des équipements turcs (drones Bayraktar) et chinois.
Analyse prospective : un vide sécuritaire ou une opportunité de réinvention ?
En tant qu’expert en géopolitique africaine, je considère ce retrait comme inéluctable mais porteur de risques et d’opportunités :
- Risques : Un possible vide sécuritaire temporaire pourrait profiter aux groupes djihadistes. L’arrivée de mercenaires russes, moins contraints par les règles d’engagement, pourrait entraîner une augmentation des violences contre les civils.
- Opportunités : La fin de la présence militaire française ouvre la voie à une coopération rénovée, axée sur le développement, la formation civile et le soutien aux initiatives africaines (G5 Sahel réformé ou force AES).
- Voies vers la paix : Une stabilisation durable passe par des négociations inclusives avec certaines factions armées, un renforcement des États (gouvernance, services publics) et une coordination régionale sans ingérence perçue.
Sur PlanPaix.fr, nous plaidons pour un nouveau partenariat euro-africain respectueux de la souveraineté, centré sur la sécurité humaine plutôt que sur l’intervention militaire directe.
Le retrait français signe-t-il la fin de l’influence occidentale au Sahel ? Une paix négociée est-elle possible en 2026-2027 ? Partagez votre analyse en commentaires ou via notre newsletter.
Sources : Communiqué ministère français des Armées, déclarations AES, analyses Le Monde, Jeune Afrique, RFI, Reuters (29 décembre 2025).
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