Publié le 26 février 2026 par PlanPaix.fr – Analyses indépendantes pour une paix durable
Le 25 février 2026, le ministère cubain des Relations extérieures (MINREX) a publié un communiqué officiel accusant les États-Unis d’avoir orchestré une « infiltration terroriste » sur le territoire national. Selon La Havane, plusieurs agents armés auraient été introduits via la côte nord, avec pour objectif de commettre des actes de sabotage et de déstabiliser le gouvernement. Cette nouvelle accusation survient dans un climat de tensions déjà très élevé entre Washington et La Havane depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Voici une analyse complète des faits connus, du contexte historique et des implications stratégiques.
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Le MINREX affirme que :
- Des « mercenaires » armés ont été détectés et neutralisés dans la province de Matanzas et à Villa Clara entre le 20 et le 24 février.
- Les individus étaient équipés de fusils d’assaut, de systèmes de communication cryptés et de drones de reconnaissance.
- Les enquêtes menées par la Sécurité de l’État cubaine établiraient un lien direct avec des structures basées en Floride et financées par des « éléments de l’extrême droite cubano-américaine ».
- Cuba qualifie ces actions de « terrorisme d’État » et réserve le droit de répondre « de toutes les manières légales et légitimes ».
Le communiqué appelle la communauté internationale à condamner ces « actes d’agression » et annonce une plainte formelle auprès du Conseil de sécurité de l’ONU.
Contexte historique : un contentieux vieux de plus de 60 ans
Les accusations d’infiltration ne sont pas nouvelles :
- Opération Mongoose (1961-1963) : programme CIA de sabotage et d’assassinats contre Castro.
- Années 1990-2000 : plusieurs tentatives d’attentats revendiquées par des groupes anticastristes basés à Miami (ex. : Alpha 66, Commandos F-4).
- 2017-2021 : « incidents acoustiques » (syndrome de La Havane) attribués par certains à des armes sonores américaines, bien que jamais prouvés.
- Depuis 2025 : reprise des opérations de renseignement US après le retour de Trump et la capture de Maduro au Venezuela.
Cette dernière accusation s’inscrit donc dans une longue série de confrontations asymétriques.
Analyse militaire et de renseignement
Du point de vue opérationnel, plusieurs éléments méritent attention :
- Mode opératoire : Infiltration maritime de nuit, usage de petits bateaux rapides (type « go-fast »), drones de reconnaissance – signature classique des opérations spéciales ou paramilitaires financées par des réseaux privés.
- Capacité cubaine : La Sécurité de l’État (DSE) et les FAR (Forces armées révolutionnaires) ont démontré une excellente capacité de détection côtière (radars russes, patrouilles navales, réseau d’informateurs).
- Implication US directe ? : Aucune preuve publique n’établit un lien opérationnel avec la CIA ou les forces spéciales américaines. Les autorités cubaines parlent de « soutien logistique et financier » plutôt que de commandement direct.
- Rôle de la diaspora : La Floride reste le principal hub des groupes anticastristes. Plusieurs organisations disposent de fonds privés et de réseaux logistiques autonomes.
Implications géopolitiques à court et moyen terme
Ce nouvel épisode pourrait avoir plusieurs conséquences :
- Renforcement du régime : Les autorités cubaines utilisent traditionnellement ce type d’incident pour justifier la répression interne et mobiliser la population.
- Réponse américaine : Washington a déjà qualifié les accusations de « propagande ». Une escalade verbale est probable, mais une action militaire ouverte reste très improbable en 2026.
- Rôle de la Russie et de la Chine : Moscou et Pékin pourraient accentuer leur soutien militaire et économique à La Havane pour contrer l’influence américaine dans les Caraïbes.
- Impact régional : Tensions accrues avec la République dominicaine et les Bahamas (zones de transit possibles). Risque de nouvelle vague migratoire si la situation intérieure se durcit.
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Les accusations cubaines sont-elles fondées ou pure propagande ? Une nouvelle crise Caraïbes est-elle évitable en 2026 ? Partagez vos analyses en commentaires ou via notre newsletter.
Sources : MINREX Cuba, Reuters, Granma, analyses du Council on Foreign Relations, BBC Mundo (février 2026).
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